« Leurs talents se nourrissent de leurs racines qui jouent au plus profond d’eux même comme une musique des vie passées qui ressurgit et déborde de vitalité. »
Lamont Dozier
BIO
Né en 1941 à Détroit, Lamont Dozier fut bercé dès son enfance par les disques de son père ; Nat King Cole, Frank Sinatra, Tony Bennet, les chorales gospels de l’église locale et les partitions classiques de sa tante au piano. Lamont a commencé à écrire dès 11 ans, et l’envie d’enregistré lui est survenu à 13 ans.
En 1957, il enregistra "fine fine baby" chez Atco records avec une formation THE ROMEOS monté pour l’occasion. Ce fut une révélation. Son premier titre en solo "let’s talk it over" fut enregistré en 1960. En 1962, il signe un contrat d’exclusivité pour la Motown comme auteur, compositeur et producteur. Il y fait équipe avec les frères Holland et forment ensemble le trio auteur compositeur producteur Holland-Dozier-Holland. Ce trio a produit ou collaboré pendant de nombreuses années avec des groupes et certains artistes du label ; les SUPREMES, les FOUR TOPS, TEMPTATION, Marvin Gaye…, a largement contribué à l’émergence du son Motown et s’est fait une réputation solide dans l’industrie. Malgré cela, après un différent avec le label, le trio rejoint Invictus et hot wax records en 1967.
En 1973, Lamont Dozier reprend en main sa carrière solo pour ABC records localisé en Californie et signa en 1974 son premier album « out here on my own » qui fut grâce à de nombreux hits dont « take off your make up » disque d’or. En 1975, ce fut « black Bach » qui contient de nombreux hits également. En 1976, Lamont enregistre chez Warner Bros son 3ème album : « right there » qui contient beaucoup de chansons dans le registre crooner et chanteur de charme. L’année suivante, son deuxième album chez WB « peddlin’ Music On The Side » contient un hit plus soul "going back to my roots" qui sera par la suite le tube disco repris par le groupe Odyssey.
En 1979, dans la mouvance Dance disco, son album « Bittersweet » lui permet grâce au tube "Boogie business" de toucher une nouvelle génération de fans. L’année 1981, sera très prolifique pour Lamont qui enregistre deux album « Working on you » et « Lamont » qui contiennent du nouveau matériel avec une instrumentation plus funky et une collaboration soul active de McKinley Jackson.
En 1982, Lamont se retira avec sa famille en Angleterre. Il y travailla pour Alison Moyet, SIMPLE RED, Boy George et Eric Clapton. Il prit aussi le temps d’enregistrer « bigger than life » pour un petit label Anglais. Cette album, peu connu, mérite une attention particulière, parce qu’il est un projet très personnel et intimiste. Il se lie d’amitié avec Phil Collins et collabore avec lui en 1985 sur l’album d’Eric Clapton « August » et la musique du film « Buster » en 1988.
En 1991, il lance un nouvel album solo « inside séduction » avec confusion dans le style et son orientation musicale. Il sera un échec commerciale…et artistique. Lamont se contente de gérer son catalogue et sa discographie en famille sous son propre label. En 2004, il enregistre un nouvel d'albums de titres originaux « reflections ». En 2018, il enregistre un album de reprise de ses succès à l'ambiance crépusculaire et acoustique. Il a vécu le reste de sa vie avec sa femme et ses trois enfants en Californie jusqu'au 8 Aout 2022, date ou il a quitté ce monde.
Chapeau bas l'artiste !
DISCOGRAPHIE 80's
- Bittersweet (Warner 1979)
- Working On You (Columbia 1981)
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Mon avis : Cet album est une expression soul funk d’un artiste romantique et nostalgique. L’habillage funky et léger, lié en parti aux arrangements de McKinley Jackson et de musiciens issus de la soul, donne dans la délicatesse et habille élégamment le registre chanteur de charme de Lamont.
Un seul morceau sonne funk pur jus : "shout about it". Ses arrangements « modernes » avec une mise en avant du jeu de basse de Freddie Washington et d’un OBX synthétiseur sonnent bon un groove plus feeling que dance. Les ballades sont enivrantes parce qu’il en émane une atmosphère évoquant l’insouciance d’une croisière paisible et ensoleillée. La pochette est à ce titre un peu l’illustration du contenu, pour être swingué sur son 31.
Mon avis : Bien qu’enregistré en Angleterre, Lamont n’a pas pour autant renié ses racines et a apporté dans ses valises son âme noire bercée par les mélodies sentimentales de son enfance… et plus encore.
Le registre est le même que celui du précédent album avec quelques concessions sur la forme, les arrangements et l’instrumentation des morceaux rythmés sont dans l’air du temps du moment ; moog basse et basse nous rappelle qu’il s’agit d’un album soul funk mais mi-tempo afin de forcer l’auditeur à rentrer dans la texture sonore qui raconte une histoire. Subliminalement, l’expérience humaine de la négritude est racontée sur un mode de fresque épique et rend à ses ancêtres leur statut de héros plutôt que de victimes. Mise en musique par une orchestration de cordes fiévreuses émouvante au service d’une soul qui ne cherche pas l’efficacité radiophonique mais la pérennité d’une œuvre classique presque baroque. . C'est là que l'album devient Bigger Than Life (plus grand que la vie).
C’est une œuvre qui refuse les étiquettes pour ne garder que l'émotion pure par sa mise en scène musicale. Lamont a réorienté la soul vers une forme de spiritualité laïque. C'est un album qui demande une écoute attentive, presque religieuse. Lamont y prouve que l'élégance et la poésie sont les armes les plus puissantes pour la rédemption
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