Harold Melvin & THE BLUE NOTES

harold melvin & the blue notes

BIO

Faire figurer ce groupe dans ce catalogue des artistes funk pourrait paraître incongrue  pour celle ou celui qui connaîtrait cette formation de soul/R'n'B. Eh bien, non, Harold Melvin est ses acolytes qui reviennent de loin méritent amplement de figurer sur ma sélection ne serait-ce que pour un album, et pour dire quel album…!

Harold Melvin and THE BLUE NOTES se sont formés en 1954 à Philadelphie. Harold Melvin était un pianiste autodidacte et les autres membres du groupe formaient un quintet. Ils enregistrèrent ensemble leur premier titre en 1956. Quelques enregistrements plus tard, mais aussi après quelques changements dans le personnel, ils recrutèrent un batteur nommée Teddy Pendergrass qui avait montré en outre qu’il savait aussi chanter.En 1972, Harold Melvin AND THE BLUE NOTES signe pour le tout jeune label de Kenny Gamble et Leon Huff : P.I.R. Ils y enregistreront quatre albums qui compteront de nombreux hits dont « if you don’t know me by now », « the love I lost » et « bad luck » … jusqu’au départ de Teddy Pendergrass en 1976. Harold Melvin AND THE BLUE NOTES vont chez ABC records et Teddy, qui veut voler de ses propres ailes, reste chez P.I.R ! Il y rencontrera le succès que l’on connaît. Il y aura encore un changement dans le groupe, deux nouvelles recrues viendront remplacer deux membres décédés. Avec moins de succès qu’auparavant, le groupe émigre chez MCA pour deux album. Un titre les renoueront  avec le succès : « prayin’ ».

En 1984 (enfin !), ils signent chez Philly world record ; le label qui monte dans l’industrie de la musique black de Philadelphie pour la qualité de ses productions. Ce fut un coup de maître pour le groupe et le label, car indépendamment du succès relatif aux charts des singles "today’s your lucky day" et "don’t give me up", l’album « talk it up » est excellent de bout en bout.

 Ce qui est remarquable, c’est la manière dont un groupe déclinant, ayant connu de nombreux aléas depuis plusieurs années, peuvent relever la tête pour pondre un album qui est selon moi un des meilleurs album funk de cette période. La leçon à retenir est qu’il ne faut jamais enterrer un groupe ou un artiste quelque soit son âge. Les « papys de la soul » peuvent encore donner des leçons de funk à pas mal jeunes ambitieux. Comme pour mieux tirer leur révérence, ce fut leur dernier album du groupe mais pas des moindres. Harold Melvin s’est éteint en mars 1997 à…Philadelphie dans sa patrie musicale.

DISCOGRAPHIE

  • Harold Melvin And The Blue Notes (P.I.R. 1972)
  • Black And Blue (P.I.R 1973)
  • To Be True (P.I.R 1975)
  • Wake Up Everybody (P.I.R 1975)
  • Reaching For The World (ABC 1977)
  • Now Is The Time (ABC 1977)
  • The Blue Album (Source 1980)
  • All Things Happen In Time (MCA 1981)

Mon avis : L’album « Talk It Up » est un trait d’union inespéré entre l’héritage de P.I.R. et la modernité Philly World Records sans jamais trahir l'héritage émotionnel des vétérans. Véritable bombe musicale et instrumentale, cet album brille par un mariage fusionnel entre le R&B et le funk. Les mélodies swing crooner des voix sont habillés par des arrangements funk groove audacieux grâce au savoir faire de musiciens chevronnés et de producteurs expérimentés, dont Nick Martinelli (LOOSE ENDS) qui signe ici une de ses plus belles réalisations avec "don’t give me up" où le ciselé des percussions débouche sur une entraînante batterie et basse synthétique qui s’accordent parfaitement avec le refrain d’un chœur joyeux et charmeur. "today’s your lucky day" est le morceau club inévitable de l’album. Il sont deux réponses cinglantes à une industrie qui les regardait comme des reliques du passé. Quelques ballades, dont les mélodies tirent leur inspiration dans la grande tradition R&B du groupe, sont servies dans une instrumentation mixte soul funk très luxueuse. "I really love you" est le cœur battant de l’album, il est bien plus qu'une déclaration d'amour à ses auditeurs, mais une mise à jour d’un testament musicale de Philly, quand les chœurs entrent en communion, on n'est plus dans le divertissement, on est dans le sacré. Les cinq notes de guitare caverneuse au milieu du titre (en fin de solo du synthé) semblent porter toute l'histoire de la soul. Ce groupe moyen a reçu l’extrême onction et Nick Martinelli et les musiciens de Philly World leur ont offert un écrin de Haute Couture pour leur dernière fois. Ils ne sont pas partis sur une fausse note ou un album de reprises paresseuses ; ils sont partis sur un testament qu'ils nous laisse à méditer.

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